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Illustration ITeM info.DR.
Illustration ITeM info.DR.

Monsieur Bartholomeu, grand voyageur, nous a laissés il y a quelques jours comme Ariane sur les rivages de son île, retour de Munich et voyant le ciel s’assombrir. Il devrait désormais emprunter l’Eurotunnel pendant que les taux sont bas et rejoindre Westminster Abbey.

La ministre française de l’Economie et des Finances déclare en effet qu’il n’y a pas de raison de penser que la note souveraine de la dette française soit menacée. Comme les marchés ont pris l’habitude de jouer la baisse (des notes) quand s’annonce la hausse (des impôts et des taux d’émission), on l’a vu avec la Grèce, le Portugal et l’Espagne, la note tricolore serait-elle sur le point d’être rétrogradée ? « La notation de la France est triple A stable », stable comme l’aurait annoncé feu la méteo marine sur France Inter à la veille d’une dépression : « Manche-Pas de Calais, mer belle, pression stable à 1024 hectoPascals, vent faible… ». La note de la dette souveraine française n’est donc pas menacée : « il n’y a pas de raison le penser », assure donc Madame Lagarde, déclaration sans doute dûment Cofacée. Quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce que l’on entend, on a raison de penser ce qu’on pense, disait ma vieille tante de Maastricht…

« God een verhuurd ! », comme aurait dit mon compatriote Peter Stuyvesant devant ce qui allait devenir Niewe Amsterdam, sans se douter de la fortune planétaire de sa découverte. L’OTAN en emporte le vent, le dollar scintille au firmament, la Croix du Sud aussi, d’ailleurs. Ailleurs, le Vieux Monde y perd son latin et s’embrouille dans son histoire. Après l’amitié éternelle trans et cis rhénane, l’Entente cordiale passe aux oubliettes. La Sainte Russie, forte d’un beau BBB lui aussi stable, ne veut pas de la taxe bancaire.

La ministre poursuit, qui oeuvrait il y a deux jours au Front commun germano-franco-britannique : « il y a d’autres triples A qui sont moins stables, je regarde de l’autre côté de la Manche par exemple ». C’est en effet une autre paire de manches, si l’on peut dire… Rien de nouveau d’ailleurs : Les Echos.fr indiquaient déjà en mai 2009 que « l’agence Standard & Poor’s a provoqué un accès de défiance sur la livre hier, en modifiant à la baisse la perspective attachée à la notation du Royaume-Uni. S&P estime que la dette publique pourrait atteindre 100 % du PIB en 2013, «même en tenant compte de resserrements fiscaux supplémentaires», un niveau incompatible avec la notation AAA, dont elle bénéfice actuellement ». Dont acte… Après tout, tout le monde peut se tromper. S&P n’est pas Fitch Rating, ni Moody’s. Le commodore Edouard John Smith était lui aussi informé de la présence méridionale d’icebergs sur sa route, à juste titre on incrimine la boussole ou la météo…

De ce côté-ci du Channel, « il faut que les prêteurs qui investissent sur le risque France sachent que ce risque est bien géré », a enfin déclaré la Grande Argentière. Que les marchés se le disent : l’objectif d’atteindre 60 millions de pauvres est en bonne voie.

Ressortissant d’un petit royaume européen, votre serviteur n’est ni gallican ni gaulliste mais s’étonne. La France ne serait donc plus ni une (grande) Puissance, ni une Nation, ni même un Etat. C’est un RISQUE….

On comprend et on déplore les déboires tricolores. Après un échec cuisant à l’Eurovision face à l’ennemi héréditaire, les divisions gauloises, mal intégrées, ont terni le Mondial. Une réforme constitutionnelle s’impose sans doute. La virulente Marseillaise, conspuée ici où là et qui fait l’horreur des nations civilisées, sera avantageusement remplacée par le jingle des messages publicitaires. Le drapeau sera supprimé pour raisons d’économies. La langue française sera tolérée mais ne sera plus employée officiellement, d’où une réduction notable du coût de traduction des sommets internationaux et des institutions européennes. Au delà de ces détails pratiques, le président de la République sera désormais dénommé CEO, le ministre des finances deviendra Risk Management Officer, celui de l’intérieur prendra le titre de Human Ressources deputy director… La Cour des comptes sera transformée en conseil de surveillance et le Parlement en AGO. Le reste des Français rejoindra la catégorie des Cast Members sous contrat de CDI (citoyens d’une démocratie impuissante)… Il ne restera plus qu’à immatriculer FRANCE Limited aux îles Caïman et à externaliser la Corse, le Pays Basque, la Catalogne, la Bretagne, la Savoie, Nice et le Comtat Vénessin, l’Alsace étant déjà et comme on le sait un JV avec madeingermany.biz.

Modestus van Gulden

Tag(s) : #Economie, #Van Gulden
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