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Après l'éducation, et plus encore qu'elle, la culture est le plus insigne domaine de ségrégation sociale. Les aristocraties s'y perpétuent en dépit des capacité et des goûts. Les briser est le devoir de l'État -pour offrir à chacun les plus petites formes de l'art, passé et présent, pour que chacun ait la possibilité de gouter et de choisir. L'incapacitation, plus qu'ailleurs est ici le seul objectif.

Rapport au Premier Ministre sur la refondation des politiques d'intégration. 1er février 2013. Page 67.7...

Pour justifier ses changements d’humeur, Edgard Faure se plaisait à dire que « ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent ». Celui de cette fin d’année transporte des effluves nauséabondes, pestilentielles. Qui nous renvoient à Céline : « l’histoire ne repasse pas les plats ».

Nul ne sait ce que seront les élections municipales. Vraisemblablement le retour passager au calme favoriserait le vote ‘intérêt municipal’ qui, en toutes hypothèses, ne masquera pas la progression de la gauche en milieu urbain et la poussée de la droite partout ailleurs.

Cette fracture pourrait être dramatique dans un climat qui inciterait, au plan national, les électeurs à exprimer leurs mécontentements : la gauche à l’Elysée et Matignon, majoritaire à l’Assemblée, au Sénat, dans les régions, les départements, les grandes villes, éditorialement présente dans la plupart des médias ; les droites largement majoritaire dans les urnes.

Et si ce n’est pour mars, cette cassure est attendue pour les élections européennes. Pas en France uniquement, partout ailleurs ou presque, dans cette Europe objet de tous les ressentiments.

C’est dans ce contexte, tellement explosif qu’il est tentant de jouer au nouveau Cluédo où l’on doit trouver où et quand l’assassin allumera son allumette, qu’émerge le rapport sur la Refondation des politiques d'intégration, joint ici. Il n’est pas nouveau. Pas tout à fait. Il a été remis au Premier Ministre le 1er février. Il fait grand bruit ce matin à la faveur d’informations qui ont filtré à l’occasion d’une réunion sur le sujet programmée le 9 janvier à l’Hôtel Matignon.

Ne cherchez pas l‘incapacitation’ dans le Littré ou chez Universalis. C’est du franglais. Basic. Quelquefois fort utile. On la retrouve ainsi dans la littérature pénale à propos du délinquant et de sa (la) mise hors de nuire (incapacitation) du criminel. Ou encore dans les cercles évolutionnaires à propos de l’empowerment (la capacitation) et son contraire.

Extrait du discours sur le sujet (qualification/disqualification) : « Il s'agirait donc, méthodologiquement, d'engager l'action et la recherche sur le terrain des « impuissances à agir » (la fabrication institutionnelle des incapacitations), de les déchiffrer collectivement et de les défaire pour, de la sorte, constituer progressivement une capacitation / un empowerment. »

Difficile à déchiffrer ? Là n’est pas le problème. C’est un vocabulaire pour initié. On ne peut pas tout lire, tout savoir et encore moins tout comprendre. Les temps ont passé depuis « Le gauchisme maladie infantile du capitalisme » – 1920. Par contre on peut légitimement s’inquiéter que les experts choisis par le Premier Ministre pour dessiner les contours d’une « refondation » du volet le plus critique de la politique française, des choix fondamentaux de l’Etat, se nourrissent encore de philosophies inspirées des marxisme-léninisme-trotskisme-maoïsme. « Les briser (l’éducation et la culture) est le devoir de l’Etat « L'incapacitation, plus qu'ailleurs est ici le seul objectif » résonnent ce matin et rappellent, au mieux Ray Bradbury et François Truffaut avec Fahrenheit 451. Mais aussi, le Kampuchéa démocratique. Pol Pot.

Céline ne faisait que reprendre Marx : « L’histoire ne se répète pas, elle bégaie ». 70 ans après la Place de la Concorde est toujours là. Et le Ministère de la Marine à droite lorsque l’on tourne le dos à l’Assemblée Nationale…

Tag(s) : #Bartolomeu

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