Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Trois questions à Benoît Ferres - Caméo Energy

Diplômé de l’Ecole Centrale de Nantes et de l’IAE d’Aix en Provence, Benoît Ferrés a capitalisé treize années d’expérience en marketing et innovation. Entre 2009 et 2012, il occupe la fonction de directeur du développement des partenariats grands comptes Certificats d’Economies d’Energie (CEE) chez Total. Aujourd'hui président de CAMEO, il est en charge de la stratégie et du développement.

ITeM info : Depuis 2005, les CEE ne semblent pas produire tous les résultats attendus. De quoi parlons-nous, en termes économiques et environnementaux mais aussi de volume ? Et qu'en est-il que la fameuse « troisième période » qui va s'ouvrir ?

Benoît Ferres : Les CEE restent le principal outil pour financer la transition énergétique. C’est un outil très malin, qui finance les travaux d’économies d’énergie sans impacter le budget de l’Etat. De 2015 à 2017, le volume d’économies d’énergie générées grâce aux CEE correspondra à 75% des engagements français dans le cadre de la directive européenne sur l’efficacité énergétique. Ce texte impose aux Etats de réduire la consommation d’énergie finale de 1,5% par an entre 2015 et 2020 et va généraliser ce type de dispositif en Europe. Avec environ 1 Md€ par an d’investissements des fournisseurs d’énergie, la 3e période signifie le doublement des quotas d’économies d’énergie à générer pour eux mêmes, leurs clients ou leurs prospects. Bref, chacun sera impacté dans sa vie privée ou professionnelle. Si la montée en puissance a été assez lente depuis 2005, c’est une révolution douce qui s’opère. Elle bouleverse les rôles traditionnels des fournisseurs d’énergie, modifie les offres et le marketing de tous ceux qui innovent et distribuent des équipements économes en énergie. Mais, le quota d’économies d’énergie à générer via les CEE pour la 3e période n’est pas encore figé. Initialement fixé à 660 TWh cumac, puis à 700, nombreux sont ceux, dont je fais partie, qui pensent que l’équilibre vertueux se situe plus vers 900 TWh cumac d’obligation pour cette 3e période.

ITeM info : Il semble par ailleurs que le marché des CEE ne fonctionne pas de manière optimale…

Benoît Ferres : C’est une erreur de penser que le dispositif doit fonctionner via un marché. Ce marché est une « roue de secours » qui donne de la fluidité aux Obligés qui seraient à la peine pour remplir leur obligation. Ce n’est pas une fin en soi. Les courtiers se sont d’ailleurs engouffrés dans cette voie. Après avoir contribué à faire connaître le dispositif en 2009-2011, il le dévoient maintenant avec une démarche spéculative. De plus, dès 2010, la France a choisi de contraindre les fournisseurs d’énergie à innover, à faire bouger leurs offres ou celles de leurs partenaires, en leur imposant un rôle actif et incitatif dans les actions débouchant sur un dossier de validation de CEE. En revanche, même hors marché coté des CEE, le niveau des primes à l’investissement issues des CEE reste trop bas. Il y a plus d’opportunités éligibles que les obligations des fournisseurs d’énergie ne peuvent en absorber, même sur la 3e période. L’obligation faite aux fournisseurs d’énergie n’a pas pour but de leur faire payer une pénalité en fin de période mais de les inciter à diffuser les technologies les plus performantes.

ITeM info : Comment améliorer cette situation ? A votre sens, quels d'acteurs doivent être mobilisées ? Comment innover dans ce domaine ?

Benoît Ferres : Il faut que l’obligation de la 3e période dépasse 700 TWh Cumac. J’ai bon espoir, car même les fournisseurs militent en ce sens. En fait, les CEE ont été jusqu’à présent un outil pour le diffus, les équipements du bâtiment achetés par le grand public. La 3e période sera celle des professionnels : industriels qui innovent et fabriquent des solutions, maîtres d’ouvrages qui investissent pour réduire leurs consommations, maîtres d’œuvre qui orientent le choix techno-logique. On ne finance pas des centaines de milliers d’euros de travaux avec la spéculation. Les solutions des courtiers ne sont pas adaptées au monde professionnel. Mais rares sont ceux qui peuvent développer une organisation qui dialogue en direct avec les fournisseurs d‘énergie, parfois un peu rigides. L’activation du dispositif des CEE dans ses propres projets, pour minimiser ses investissements et/ou ses consommations, est une expertise à part entière que chacun doit s’approprier. De manière internalisée ou externalisée, peu importe. Il ne devrait plus y avoir de projets d’investissements d’économies d’énergie sans que le dispositif des CEE soit activé et optimisé !

Interview réalisée le 21 novembre 2014. Copyright ITeM info.

Voir notre Wokshop #7 - Energies futures

Contacter Benoit Ferres

support@cameo-energy.com

01.85.08.52.96

http://cameo-energy.com

Trois questions à Benoît Ferres - Caméo Energy
Tag(s) : #Environnement, #Immobilier, #Energie, #Economie, #Workshop 7

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :