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Dette, taux, immobilier : mayday, mayday.

En août 2014, les taux des prêts du secteur concurrentiel (hors assurance et coût des sûretés) se sont établis à 2.68 % en moyenne (2.71% pour l'accession dans le neuf et 2.68 % pour l'accession dans l'ancien), selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Les taux immobiliers ont ainsi perdu 40 points depuis le début de l’année. Reflétant la baisse des taux des OAT à 10 ans, cette évolution ne relance toutefois ni la production de crédit, ni le volume des ventes immobilières, le prix des logements anciens en France, rapporté au revenu par ménage, restant supérieur de 72% à la tendance longue sur la période 1965-2001. Peu d'espoir donc de voir la situation évoluer positivement.

Sans effet notable sur l'activité, cette situation atypique ne peut d'ailleurs se perpétuer. Même si les agences de notation observent un étrange silence depuis le début de l’année, le ratio dette sur PIB a dépassé 98 % et celui des intérêts de la dette rapportés au PIB est désormais supérieur au taux de croissance. Traduction : les nouveaux emprunts financent de plus en plus la charge d’intérêts des emprunts antérieurs. Un système bien connu de Ponzi et de Madoff, dans un contexte où les masses monétaires injectées par la FED ont surtout bénéficié au secteur financier.

De fait, le niveau très bas des taux reflète d'avantage la précarité financière de la France que la crédibilité de sa signature. « Les taux actuels sont des taux de crise. Ils sont certes favorables aux emprunteurs, mais ils trahissent la faiblesse d'une économie qui doit être maintenue sous perfusion », commente Sandrine Guérin, directeur des opérations financières du Crédit Foncier. Quelque soit, dans les prochains mois, la réaction de la BCE à la hausse des taux américains, avec ou sans baisse compensatoire de l'euro face au dollar, la fin du "qualitative leasing" pourrait bien coïncider avec celle des soins palliatifs à l'économie française. Avec en perspective une déflation massive, déjà amorcée en Europe du Sud, suivie par une récession auto-entretenue. Une évolution dramatique dont l'atonie japonaise serait le scénario optimiste.

Yves Schwarzbach, Directeur d'ITeM info.

Tag(s) : #Immobilier, #Economie

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