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Illustration ITeM info. DR.
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#2 Ere nouvelle

Sans en avoir l'R une ère nouvelle est celle où l'erre de la croissance est de grandeur suffisante pour assurer un minimum d'activité à un horizon plus ou moins long. 
C'est ce que nous dit l'INSEE ce matin dans un  style approprié à la situation, du genre "La croissance pour les nuls". 
Traduisez : "La croissance quand la croissance est nulle"
Ainsi la croissance quasi nulle en cette fin d'année procurera, par sa force d'accélération, un acquis de 0.7% au premier semestre 2015, même si à cette période la croissance est égale à zéro. 
Tout cela est d'autant plus exact, précise l'AFP,  que "l'INSEE conforte les espoirs du Gouvernement".
Tout cela n'aura aucun effet positif sur le niveau du chômage, que l'INSEE voit progresser à 10.6% l'année prochaine. L'inversion des courbes appartient au passé. 
Tout le monde est d'accord. 
Avouons-le, ils ne manquent pas d'air.

© Batolomeu pour Item info, décembre 2014.

Paris (AFP) - L'Insee a conforté jeudi les espoirs du gouvernement en prédisant une petite accélération de la croissance, qui restera toutefois sans effet sur le chômage, et très dépendante du prix du pétrole comme du cours de l'euro.

L'Institut national de la statistique et des études économiques attend, après 0,1% de progression du produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre, une accélération à 0,3% au premier comme au deuxième trimestre 2015, selon sa dernière "Note de conjoncture".

Si l'Insee n'a pas fait de prévision pour l'ensemble de 2015, il a livré une indication précieuse en estimant à 0,7% "l'acquis de croissance" à la fin du premier semestre 2015.

Ce terme technique désigne ce que serait la croissance annuelle même en cas de panne d'activité au deuxième semestre. L'Insee a aussi fait savoir que de l'été 2014 à l'été 2015 la croissance française devrait être de 1%, alors qu'elle avait été nulle entre l'été 2013 et l'été 2014.

Ces projections sont donc compatibles avec l'espoir du gouvernement français d'une croissance de 1% pour toute l'année prochaine.

Le président de la République a jugé lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles que les estimations de croissance étaient "en ligne" avec celles du gouvernement pour 2015 (1%), même si elle n'était pas "suffisante" pour entraîner une baisse du chômage.

"Nous sommes en ligne par rapport à notre prévision de croissance pour l'année 2015", a déclaré François Hollande, reconnaissant toutefois que cela ne serait pas "suffisant" pour entraîner une baisse du chômage.

Le ministre des Finances Michel Sapin a lui souligné dans un communiqué que "le scénario de croissance du gouvernement (était) conforté", mais a estimé que l'accélération n'était pas "suffisamment forte", ce qui, selon lui, appelle une réponse européenne.

 

- Euro faible et contre-choc pétrolier -

 

"Un certain nombre de freins se desserrent en cette fin d'année et nous rendent un peu plus optimistes", a indiqué Vladimir Passeron, chef du département de la conjoncture à l'Insee, lors d'une conférence de presse.

Cet optimisme se nourrit pour une bonne part de facteurs externes: la baisse conjuguée de l'euro et du prix du pétrole, bonne pour le pouvoir d'achat comme pour la compétitivité, pèse "un peu moins de la moitié" de la croissance prévue en France d'ici l'été prochain, selon M. Passeron.

Cette aubaine pourrait même s'accentuer: l'Insee a fait ses prévisions en fixant le prix du baril de pétrole à 70 dollars. Jeudi, il évoluait en-dessous de 65 dollars.

M. Passeron a aussi estimé que certains facteurs internes à la France soutenaient l'activité: les aides publiques aux entreprises, notamment le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, l'arrêt de l'augmentation de la pression fiscale, ou encore une stabilisation des dépenses de logementdes ménages, qui ont chuté cette année. Cela laisse espérer une accalmie pour le secteur du BTP, en plein désarroi.

Mais l'optimisme des statisticiens a buté sur le marché du travail: l'Insee s'attend à ce que le taux de chômage en France augmente encore pour atteindre 10,6% à la mi-2015, contre 10,4% en moyenne au troisième trimestre 2014.

 

- 'Tous les signaux ne sont pas au vert' -

 

Car si la croissance française reprend, "tous les signaux ne sont pas au vert" selon M. Passeron, en raison de "l'attentisme" des entreprises notamment. Leur investissement n'augmentera que "très légèrement" en début d'année prochaine, malgré un environnement très positif de taux bas et des marges se redressant "nettement".

La consommation des ménages devrait progresser de 1% entre mi-2014 et mi-2015, mais pas tout à fait aussi vite que le pouvoir d'achat, signe que les Français vont encore garnir leur épargne de précaution.

Hors des frontières, de mauvaises surprises pourraient venir de l'environnement international, en particulier des pays émergents, toujours fébriles.

A propos plus précisément de la Russie, aux prises depuis quelques jours avec une tourmente financière et monétaire, l'Insee a estimé que trois points de PIB en moins en Russie, où vont un peu plus de 2% des exportations françaises, coûteraient 0,1 point de PIB à la France.

M. Sapin a appelé aussi à se soucier du "niveau anormalement bas" de l'inflation, que l'Insee prévoit "quasi nulle d'ici mi-2015" en France.

Voilà qui devrait, selon le ministre des Finances, "amener les Etats européens à approfondir leurs discussions sur la situation économique et sur les politiques adaptées dans ce contexte". M. Sapin n'a pas encore arraché la validation européenne des comptes 2015 de la France, plus déficitaires que prévu.

Tag(s) : #Où va le temps qui passe, #Economie, #Bartolomeu

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