Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Où va le temps qui passe ?

#5 Charlie et les apôtres de la liberté d'expression.

Par Bartolomeu

| Une journaliste, Sophie D., publie sur sa page Facebook, pour accompagner un émouvant visuel consacré à Charlie Hebdo, une légende :

« Rage, colère, crainte de ce que nous promet la France "d"après". Mais ce soir, hommage à nos confrères et tristesse d'abord ! »

Que vient faire la France "d'après" ici. Et ce "ce soir...d'abord"? La gauche bobo s'empare de tout, sans vergogne. Habitués à dire le bien et le beau, à désigner le laid et le mal, quelques heures à peine après cet attentat inqualifiable qui est l'affaire de chacun d'entre nous et de nous tous ensemble, les partis politiques de gauche, qui ne sont, dans ce drame de la liberté assassinée , pas plus représentatifs que ceux de droite, ou que ne le sont encore les syndicats ouvriers ou patronaux, se parent des habits de la dignité républicaine en organisant, dans les jours qui viennent, une marche du même nom.

Monsieur Pierre Laurent, Premier Secrétaire du Parti Communiste, Français, précision nécessaire pour ne pas le confondre avec ses homologues Chinois, Coréen du Nord ou Cubain, eux aussi garants historiques de la liberté d'expression, précise que la manifestation est ouverte aux (autres) partis politiques.

Ceux qui auraient pu brocarder ces vautours ne sont plus là.

Pour nous rappeler aussi, caricatures à l’appui, que l'Ecriture observe, que Juda, ayant perdu sa femme, laissa passer le temps du deuil avant que de se montrer en public.

Note de la Rédaction

| En ce premier des trois jours de deuil national décidé par la République, alors que dominent les sentiments unanimes de tristesse, de solidarité et de fraternité avec les 12 personnes assassinées hier à Charlie Hebdo parce qu'elles défendaient la liberté d'expression et la liberté de conscience, nous nous sommes interrogés sur la publication de ce billet de notre ami Bartolomeu.

Notre comité de rédaction s'est finalement demandé si Cabu, Wolinski ou Charb auraient publié ce billet. Nous avons pensé que oui. Moins pour dénoncer la récupération d'un drame et d'une agression inacceptable contre notre démocratie par des partis politiques, qui selon notre Constitution « concourent à l’expression du suffrage », que parce que Bartolomeu met le doigt sur un point essentiel. Suggérer, comme l’a fait cette journaliste et consoeur, qu’il y aura un « après 7 janvier 2015» signifie qu’un acte terroriste pourrait remettre en cause notre démocratie et amener notre République à renoncer ses valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité pour mener son combat contre le terrorisme. Aussi barbare, cruel et injuste qu’il soit, le terrorisme ne peut être que vain. Il ne peut y avoir d’autre « après » que dans la fidélité tenace et sans crainte à ses valeurs. Céder à d’autres tentations, sécuritaire, raciste ou inspirée par un sentiment de vengeance, serait insulter la mémoire et le courage de ceux qui « sont morts debout », pour reprendre l’expression de Charb.

Yves Schwarzbach

Directeur de publication

Tag(s) : #Où va le temps qui passe, #Bartolomeu

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :