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Universités d’Ile-de-France : (dé)branchées ?

| Bien placée au plan mondial, la France consacre 2,3% de son PIB à la recherche. L’Ile-de-France concentre 40% de ce potentiel avec 135.000 chercheurs et une soixantaine de laboratoires. Avec 635.000 inscrits, ses 17 universités fournissent le quart des diplômés du pays mais ne forment que 0,5% des étudiants du globe. Le nombre d’étudiants étrangers baisse depuis 2012. Les raisons : législation sur l’immigration, complexité d’une offre universitaire qui offre quelques 5800 spécialités et surtout perte d’attractivité. Au dernier classement de Shanghai, la première université française, Pierre-et-Marie-Curie, figure au 35e rang mondial. Mieux qu’Orsay-Paris Sud, 42e, et que l'Ecole Normale suprieure, modeste 67e. On peut discuter les critères d’évaluation mais on doit constater le déficit d’image et de qualité de vie. Un élément qui compte pour les étudiants qui peuvent choisir entre les plus belles universités du monde. « Au moment où des moyens importants sont mobilisés pour promouvoir l'accès aux ressources en ligne, les universités franciliennes souffrent de locaux inadaptés aux nouvelles habitudes de travail. Elles ont du mal à offrir un cadre hospitalier à une vie étudiante riche et en pointe : pas de campus central avec les résidences étudiantes attenantes, du Wi-Fi pas encore généralisé, avec un débit insuffisant », constate Thierry Koscielniak, directeur des TICE à Paris-Descartes. Il ajoute : « des exemples d'universités comme McGill au Canada nous montrent la voie d’une vraie stratégie de rénovation ou de construction de bâtiments connectés, avec des espaces de travail collaboratif, équipés de prises électriques et de services multimédias». De fait, les établissements parisiens accueil-lent plus de la moitié des étudiants de la région dans des amphis surpeuplés, au cœur d’immeubles prestigieux mais vétustes. La renaissance de Jussieu illustre donc une prise de conscience. Plus ouvert sur son quartier, plus sobre en énergie, doté d’un centre de colloques et d’un espace culturel, le campus s’ouvre au travail collaboratif. « La proximité se fait en anglais, avec des gens du bout du monde. Ils ont besoin de lieux de rencontre », résume Thierry Duclaux, DG de l’EPAURIF, pour qui le campus de Saclay est le prochain défi. Depuis 2004, cet établis-sement public accompagne les universités dans leurs projets immobiliers. Mais leur stratégie patrimoniale reste pointilliste, malgré l’esquisse de collaborations avec l’APUR et l’IAU autour de la mobilité et surtout du logement étudiant. Un logement rare et cher, qui absorbe plus de la moitié du budget d’un étudiant parisien. Alors que le CROUS ne gère que 50000 chambres en Cité U, la demande est presque dix fois supérieure à l’offre. Essor des MOOCs ou pas, la Région devra soutenir son effort financier pendant six ans pour atteindre son objectif de 4000 logements étudiants neufs par an. Yves Schwarzbach

Tag(s) : #Territoires, #Yves Schwarzbach, #Smart city

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