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ENR : des aides mal ciblées et peu efficaces

La guerre des panneaux solaires entre l’Europe et la Chine n’aura pas lieu et l’idée d’une taxe carbone refait surface. Mais la Cour des Comptes considère que les 14,3 Md€ consacrés à la politique d’aide aux ENR n’ont produit que « des retombées socio-économiques plutôt décevantes ». Elle préconise donc de les concentrer les filières les plus efficientes en intégrant l'aspect socio-économique, dont l’emploi. Pour les filières moins matures, comme le photovoltaïque ou la géothermie, la Cour recommande de cibler les aides publiques sur l'effort de recherche afin d'abaisser les coûts de production, et de reporter les aides à la production. Le rapport conclut que la réduction de la part des énergies fossiles et nucléaires ne se fera pas sans changement des comportements, des modes de transport, de l'urbanisme et de la consommation. « Sans cet effort collectif, il est vain d'espérer que les énergies renouvelables occupent une place prééminente dans le mix énergétique ». En 2020, la France s'est engagée à produire 23% d'énergie renouvelable, « soit six à sept fois ce qui a été réalisé entre 2005 et 2011 ». Cette évolution du mix a un coût : 14,3 Md€ en sept ans. Dans un raport antérieur, la Cour analyse aussi les coûts de chaque source d'énergie. Ainsi le coût de l’énergie nucléaire est-il estimé à 50 €/MWh et celui du futur EPR entre 70 et 90 €/MWh. Les ENR présentent des coûts de production entre 43€/MWh et 689 €/MWh. « Ces chiffres peuvent évoluer à la baisse en fonction du progrès technologique. Cependant, on peut constater que les technologies de l'hydroélectricité, de la biomasse et de l'éolien terrestre sont mûres et que les coûts ont peu de chance de diminuer significativement. En revanche, l'énergie photovoltaïque, encore chère, devrait connaître, au cours des prochaines années, une diminution importante de son coût ». Autre sujet, le tarif d'achat de l'électricité renouvelable a coûté cher : 582 M€ en 2009, 3 Md€ en 2013. A réglementation constante, il devrait atteindre 8 Md€ en 2020. L'écart entre le tarif d'achat et le prix du marché est ainsi financé par la CSPE, c’est-à-dire par les seuls consommateurs d’énergie électrique. La Cour préconise donc d'élargir l'assiette de cette taxe. Elle recommande de réorienter ces tarifs d'achat vers les filières les moins coûteuses au MWh produit, dont l’éolien terrestre, et considère que le photovoltaïque intégré au bâti, « n'a pas fait la preuve de son efficacité". Chiffres à l’appui : « un MWh d'énergie solaire entraîne une dépense de rachat de 500€, alors que cette dépense est de 34€ pour l'éolien et 20€ pour la biomasse ». Ces filières devraient aussi bénéficier d'efforts de recherche plus importants. Les aides à la recherche ne représentent en effet que 300 M€ / an, bien moins que le niveau observé en Allemagne, au Japon ou aux USA.

Tag(s) : #Environnement, #Energie, #Economie
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