Workshop #8 - L'immobilier en question
«Pour ce qui concerne les loyers, qui sont en forte progression, et notamment au moment de la relocation, un mécanisme d’encadrement sur les zones tendues sera introduit», déclarait le candidat Hollande en décembre 2011. Au delà du débat sur la pertinence et l’efficacité du blocage des loyers dans un contexte de rendements locatifs médiocres, la situation globale de l’immobilier en France ne s’améliore pas. Enjeu majeur du septennat avec la croissance et l’emploi, la crise du logement risque même de s’amplifier dans les prochains mois. Un risque qui ne résulte pas seulement des mauvaises performances macroéconomiques natio-nales et de l’érosion de l’emploi. La production de crédits immobiliers a en effet reculé de 9,5% en avril. La baisse atteint même 32,2% en glissement annuel sur les 4 premiers mois de l’année. «L'embellie de l'automne 2011 n'a pas suffi à inverser la tendance récessive du marché du crédit immobilier. Les acquéreurs modestes et notamment les primo-accédants sans apport personnel sont sortis du marché, qui se recentre sur une clientèle plus aisée à l'apport personnel croissant», constate l’observatoire du Crédit Logement. La décrue de la production de crédit se profilait dans l’ancien dès le S2 2010. Elle s’est accélérée depuis l’été 2011 et gagne désormais le marché du neuf malgré la baisse des taux qui s'établissent en moyenne à 3,67% hors assurance en avril. En théorie, cette modération des taux devrait s’ajouter à la réduction des durées des emprunts (200 mois contre 213 l’an dernier) pour alléger la charge de remboursement. Mais la hausse du taux d’apport personnel (28,6% en avril 2012 contre 24,7% en 2011) et la baisse des montants moyens empruntés (145.800 € contre 152.900) traduisent les difficultés croissante des ménages à financer leur acquisition. DG de Crédit Logement, organisme qui garantit près d’un tiers des prêts immobiliers, J-M Vilon observe pourtant qu’il «n’y a pas d’explosion du risque crédit immobilier, l’encadrement réglementaires du crédit garantie, un comportement responsable des banques, la quasi-totalité des crédits est inférieure à 25 ans et sur des taux fixes, l’endettement des ménages reste maîtrisé». En clair : il n’y a pas de vrai risque hypothécaire mais les politiques de risk management des banques écartent des candidats solvables. De quoi pérenniser les tensions sur le marché locatif et alimenter le ralentissement des mises en chantier.