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Nucléaire : on n'en sort pas

Workshop #7 - Energies futures

Avant que le sujet ne s’invite dans la campagne présidentielle, embarrassant le candidat socialiste, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, EPIC placé sous la tutelle des Ministères des Finances, de la Défense, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, du Développement durable et du Travail, avait remis un rapport à l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Portant sur l’examen complémentaire de sûreté des exploitants nucléaires et réalisé dans un délai très court (mai - septembre 2011) par EDF, Areva, le CEA et l’IRSN, ce document assure les installations nucléaires françaises sont sûres. Après l’accident de la centrale de Fukushima en mars, l’ASN avait été chargée d’un audit de la sûreté des installations nucléaires françaises. Des évaluations complé-mentaires de sécurité ont ainsi été demandées aux exploitants sur la base des stress-tests décidés par le Conseil européen, incluant des scénarii allant au-delà des situations normalement prises en compte pour le dimensionnement des systèmes. Malgré la multiplication des incidents mineurs et le vieillis-sement du parc, qui conduit à son indisponibilité partielle, l’exploitation des réacteurs nucléaires ne présenterait pas de risque imminent pour le public. Les 19 centrales nucléaires – soit 58 réacteurs – pourraient donc continuer de fonctionner sans risque majeur. Le rapport souligne toutefois que certaines installations présentent des «écarts de conformité aux exigences requises», qui affecteraient leur sureté «dans le cadre d’événements pris en compte pour leur dimensionnement». L’IRSN recommande donc de réexaminer certaines exigences afin, notam-ment, de mieux prendre en compte les risques de séisme. On sait que l’échelle de Richter est logarithmique, que des séismes de magnitude comprise entre 6 et 7, soit celle du tremblement de terre qui s’est produit au large de Fukushima, se produisent environ 120 fois par an à travers le monde, mais aussi que le nombre d'incidents et d'anomalies sur des centrales nucléaires en France a doublé en dix ans. Il aurait ainsi dépassé le millier en 2010 selon un rapport de l’ASN cité par Europe 1 en mars 2011. Plus préoccupante, une anomalie découverte en mai 2011 mais révélée en octobre, concerne la vulné-rabilité de la tenue au séisme d’installations critiques dans 5 des 6 réacteurs de Gravelines. Pire encore, selon l’association Sortir du Nucléaire, «deux mois avant Fukushima, un exercice d’évacuation réelle des populations avait été organisé sur le site de Gravelines et celui-ci fut un échec complet alors que l’exercice avait un périmètre de 2 km seulement». L’IRSN préconise donc le relèvement des exigences de sûreté. Ce «noyau dur» devrait garantir la pérennité des installations nucléaires durant plusieurs jours, afin que des autorités et des «moyens externes au site» puissent s’organiser et intervenir. Ce noyau dur devrait être constitué d’un nombre limité de structures, systèmes et composants, robustes aux agressions au-delà du dimensionnement, afin de faire face aux situations extrêmes : perte de fonctions de refroidissement ou de sources électriques de longue durée affectant plusieurs installations d’un même site. L’ASN rendra ses conclusions définitives au gouver-nement début 2012. Sous le signe d’une bataille sur l’avenir énergétique de la France. Selon une étude réalisée par Price-Waterhouse-Coopers, la filière nucléaire générerait directement et indirec-tement quelques 410.000 emplois et représenterait 2% du PIB français. Soit autant que l’aéronautique mais 3 fois moins que le BTP. L'Allemagne emploierait, quand à elle, plus de 350.000 personnes dans les ENR en 2010. MVG.

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Tag(s) : #Environnement
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