« Le tram sur son tapis de gazon est plus qu’un transport, c’est la rénovation de l’espace urbain et l’aspect positif de la décentralisation » observe l’architecte Th. Richez qui rappelle que la rennaissance du tramway en France vient des villes de province qui s’affirment bien plus innovantes que la capitale. Y compris en termes d’achats groupés, comme l’ont décidé Brest et Dijon. Reste que l’urbanisme induit par le tram fait débat en termes de structure urbaine comme d’intensité de vie citadine. D’abord parce que les collectivités ont majoritairement choisi des tramways lourds, à vocation trans-agglomération. Un réseau magistral qui impacte fortement l’échelle humain. Le rapport entre la cité et ses réseaux structurants d’ailleurs mérite d’ailleurs une attention particulière. « On a longtemps pensé que la voierie faisait la ville et qu’une croisée des chemins suffisait à fonder l’urbanité. Mais l’urbanisme moderne a montré que le tracé des voies n’était pas une condition suffisante pour engendrer une réelle qualité de vie urbaine », affirme Delphine Désveaux, auteur du livre « Tramway à la française » paru chez Archibook. Tout se passe encore comme si la gestion des flux échappait encore à la gouvernance commune. A cet égard, malgré la standardisation qu’il induit (traitements des sols, mobilier urbains), le retour du tramway a souvent permis une meilleure intégration des espaces.
# IteM info n°106