Selon le conseil national de l’ordre, les 30.000 architectes français sont de plus en plus inquiets sur leur avenir. L’impact durable de la crise immobilière se fait lourdement sentir avec notamment la baisse de la commande publique (35% des commandes contre 45% en 2005) et des mises en chantier, alors que la construction neuve représente 73% du volume d’activité de la profession. « Alors qu’il était majoritaire et en constante augmentation parmi les architectes entre 2009 et 2011, le sentiment d’optimisme est aujourd’hui minoritaire », indique Carli, Pdt de l’ordre. Seuls 46% des architectes se disent désormais optimistes sur l’évolution de leur activité dans les prochains mois (-21 points par rapport à juillet 2011. «Nous glissons vers un ralentissement d’activité durable sans perspective de meilleur lendemain» constate l’ordre après une année 2012 médiocre et avant une année 2013 sans grandes perspectives de reprise. Indicateur parmi d’autres, le chiffre d’affaires moyen chute, notamment dans le domaine des équipements publics mais aussi pour le logement individuel et collectif. Si les grandes agences semblent mieux résister, le revenu moyen était ainsi de 28.000€ en 2008 contre seulement 27.000€ en 2010. Dans ce contexte difficile, les professionnels abaissent souvent leurs honoraires, prospectent plus largement et augmentent le contenu de leur mission pour le même prix (+11 points), au détriment des marges. Et peut-être de la qualité des projets.