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Dans le noir !

Les noctambules devront s’habituer au couvre feu. L’arrêté du 25 janvier 2013 relatif à l’éclairage nocturne vient en effet d’être publié. Il concerne l’éclairage intérieur émis vers l’extérieur des bâtiments non résidentiels et celui de leurs façades. A compter du 1er juillet, les éclairages intérieurs des locaux professionnel devront être éteints une heure après la fin d’occupation. Ceux des façades et les vitrines de magasins plongeront dans le noir au plus tard à 1 heure du matin. Le texte prévoit fort heureusement des dérogations préfectorales la veille des jours fériés chômés, la période des illuminations de Noël et autres nuits blanches, ou dans des lieux présentant un intérêt touristique exceptionnel. L’objectif est de réduire l’empreinte de l’éclairage artificiel sur l’environnement nocturne. Selon le ministère, les éclairages artificiels nocturnes peuvent en effet «constituer une source de perturbations significatives pour les écosystèmes, en modifiant la communication entre espèces, les migrations, les cycles de reproduction ou encore le système proie-prédateur ». Plus prosaïquement, l’ADEME estime à 2TWh/an les économies d’énergie attendues et à déduire les émissions de GES de 250.000 tonnes. Aucune évaluation préalable de l’impact sur la sûreté et la sécurité urbaines ne semble avoir été faite. En outre, comme le note Ginette Baty-Tornikian, professeure à l’ENSA de Paris Belleville et membre du think tank la Ville Lumière, «la culture urbaine se situe en dehors du rythme du temps naturel. Si la lumière naturelle est un bien commun de l’humanité, apporter à tous la lumière artificielle est un acte social et politique». L’éclairage des grandes zones urbanisées doit bien sûr s’inscrire dans une stratégie énergétique à l’échelle du territoire. Une stratégie à élaborer selon une logique bottom up et non dans le cadre d’une gouvernance nationale autoritaire. A contrario, rendre les villes à la nuit, comme le suggère la logique d’économie d’énergie poussée à son extrême, peut être économiquement justifié mais serait aussi vain socialement que culturellement stérile.

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Tag(s) : #Environnement, #Energie
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