Alors que la Commission européenne réaffirmé dans le 4e paquet ferroviaire que la séparation entre gestionnaires des voies et transporteurs reste le meilleur moyen de garantir un accès non discriminatoire au réseau ferré, le tout nouveau Pdt de RFF, J. Rapoport souhaite accélérer le renouvellement du réseau tout en atteignant l’équilibre budgétaire. Naguère DG de la Poste, l’homme connaît l’univers des transports pour avoir été directeur général du métro à la RATP et de Keolis Lyon. « Le principal enjeu de RFF, c’est la lutte contre le vieillissement du réseau. Ce n’est pas un scoop et la situation est la même partout en Europe». Dès 2005, l’audit de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne préconisait cette rénovation du réseau. De fait, l’investissement pour la maintenance a été multiplié par deux entre 2006 et 2011, soit 1.000 kilomètres de voies rénovés par an. Reste que 90% du réseau actuel est antérieur à1930 et que l’écart s’accroit entre la dynamique des territoires et le maillage ferroviaire. « La tension sera donc croissante sur les lignes du réseau reliant ces territoires», prévoit RFF, qui planche sur les nœuds ferroviaires urbains. Reste aussi à résoudre l’équation financière : « pour le réseau existant, les dépenses doivent être couvertes par les recettes. De la même manière, pour le développement des réseaux, il y a une logique de retour sur investissement ». Et d’ajouter : « pour combler ce déséquilibre, il va falloir envisager la contribution des partenaires qu’il s’agisse des opérateurs ferroviaires, de notre politique tarifaire, ou encore des clients, des usagers. Ce n’est pas à l’Etat de payer ». Ni sans doute aux collectivités territoriales.