Les 25 projets du SNIT ne sont peut-être pas finançables et leur priorisation ne permettra pas à elle seule de régler le problème de fond. Interrogé sur le sujet, J. Guénard, Pdt de la commission économique de la FNTP, indique que «dans l'état actuel des choses, la réponse est non !». En revanche, pour D. Perben, ancien ministre des Transports qui préside l’Agence de financement des infrastructures de France, «ces 260 Md à trouver sur 20 ans n'ont rien d'absurde. En tout cas pas de la part de l'Etat. Reste la question des ressources des collectivités, dont l'élasticité fiscale n'est pas suffisante». Une question de conjoncture mais aussi de fond. «Avec la hausse des dépenses sociales, nous n'avons plus aucun levier fiscal», observe Y. Krattinger, sénateur et Pdt du Conseil général de Haute-Saône, «les départements ne trouvent même pas les ressources pour financer l'entretien des routes. Alors je ne vois pas comment ils pourraient financer des infrastructures qui ne relèvent pas de leurs compétences». Dans un contexte de défiance face à la dette publique, les alternatives sont rares. La faible rentabilité des infrastructures rend incertaine la massification des PPP, sur lesquels les majors européens ne se bousculent d’ailleurs pas. Côté fiscalité, le rendement de l'écotaxe poids-lourds est étroitement corrélé au volume du fret routier, donc à l’activité économique. Resterait l'épargne populaire : «nous pourrions élargir le livret A de base ou élever son plafond étant donné que les Français épargnent près de 17% de leurs revenus», préconise Y. Krattinger mais M. Bouvard, Pdt du conseil de surveillance de la CDC doute de l’efficacité de ce procédé : «7 Md€ de prêts pour financer de grandes infrastructures sont assurés par les ressources du livret A. Créer un nouveau produit réglementé ne permettra pas de lever de nouveaux fonds et les banques risquent de ne pas voir cette initiative d'un très bon œil». Probable position critique de la part des banques mais aussi interrogation sur le pilotage des fondamentaux économiques. Les ménages français ont augmenté leur épargne au T2 2011 (+ 1,1 point par rapport au T1). Cette progression résulte cependant d’une baisse de l’épargne logement et surtout de la chute de la consommation : -0,7 % en volume au T2 2011. L’équation risque donc de rester insoluble, d’autant plus qu’une autre question reste en suspens, celle du financement la rénovation des infrastructures, dont le coût est évalué à 15 Md€.
Le SNIT en panne
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